Au Québec, plus précisément
à Montréal, on observe une grande variété d’origine ethnique et de culture
différente. On y compte les Antillais, les latinos américains, les Asiatiques,
etc. Parmi ceux-ci se trouvent également les Arabes. Dans le cadre d’une réflexion
suite à une rencontre avec une personne musulmane, je me suis donc arrêté sur
trois thèmes importants, la présence de la religion, l’éducation de cette
religion et finalement la pratique de celle-ci. Pour cette entrevue, j’ai
rencontré Nabil un homme vivant à Montréal depuis l’âge de deux ans qui m’a
parlé de son parcours depuis son arrivé.
Arriver au Québec en 1990,
Nabil était donc âgé de deux ans, maintenant âgé de 30 ans il m’a fait
réfléchir sur son intégration et la culture qu’il a délaissée. Il y a donc deux
grandes générations dans la culture musulmane qui s’est établie à Montréal. Les
premiers sont ceux qui sont partis de leur pays d’origine pour offrir de meilleures
conditions de vie à leurs enfants, soit la deuxième génération.
Cette première génération à
apporter avec elle ses valeurs et ses pratiques, par conte leurs enfants
n’ayant pas vécu (ou pratiquement pas) là-bas il est plus difficile pour eux d’apporter
le bagage comme leurs parents. Ce qui fait en sorte que la présence de la religion
pour la deuxième génération comme Nabil n’a pas une place plus importante
qu’une autre : « Et dans la
deuxième génération, on n’est plus dans l’ethnoreligieux : on parle de
musulmans, mais lesquels? Les catégorisations habituelles ne sont plus possibles,
compte tenu de cette diversité. On est quand même bien obligé de les nommer,
c’est pourquoi je parle de musulmans ordinaires. Tout en montrant qu’il y a
quelque chose d’extraordinaire dans ces musulmans ordinaires. » (GOLE,
2016, p.13)
Comme quoi cette deuxième
génération ne fait pas partie de ce cercle autour de la religion. Il y a une
perte de l’héritage culturel. Comme Nabil m’a souligné, lorsqu’il est arrivé au
Québec ses parents ont choisi le quartier Anjou pour son éducation et il n’y
avait aucun autre enfant arabo-musulman. Ce qui fait en sorte que les gens
perdent leur culture, mais bien par choix.
« . La question de l’identité religieuse ou de l’absence de
celle-ci était au cœur de l’enquête. On demandait aux participants de commenter
le rôle de leur éducation dans leur identité religieuse héritée, leur propre
engagement dans cette religion, le cas échéant, l’adoption de pratiques
religieuses et l’acquisition éventuelle de pratiques non conventionnelles »
(RAMJI, 2008, p.2). Effectivement, Nabil fait partie de cette catégorie de
jeune arriver avant l’âge de 10 ans et qui a fait ses études ici. Pour lui, il
est important de vivre sa vie comme il l’entend. Depuis l’âge de 15 ans, qu’il
ne respecte pas tout à fait les pratiques religieuses de sa culture, par
exemple, il consommait du cannabis durant le ramadan. Par compte à l’âge de 27
ans, il prit une décision pour son bien-être, simplement vivré. Cela à débuter
lorsqu’il se rendit compte que pratiquement tout ce qu’il consommait contenait
du porc (gélatine, le dentifrice), il prit donc la décision d’arrêter de faire
semblant.
Ne connaissant ni le coran,
ni les hadiths et de la sunna du Prophète, Nabil est un musulman qui ne
pratique plus. Comment cela aurait pu être évité? Selon moi c’est un choix
parental, effectivement arriver au Québec les parents de Nabil auraient pu
l’envoyer prendre des cours du samedi : « Pour les dix autres sujets n’ayant connu que le système éducatif
québécois, ce sont les savoirs savants et sociaux et les savoir-faire parentaux
(pratique du ramadan, de la prière…), ainsi que, pour certains, les savoirs
transmis au sein d’institutions religieuses et communautaires au Québec, qui
viennent compléter leur connaissance de l’islam. » (TRIKI-YAMANI et MC ANDREW, 2009, p.11)
Lorsque l’enfant connait que le système d’éducation québécois, il est un peu
normal quant à moi qu’il ne connaisse pas l’histoire et les valeurs de la
culture, par compte il en est des parents de maintenir les connaissances soit
par des cours offerts, ou simplement par lui enseigner eux-mêmes. Donc autour
de Nabil ses parents pratiquaient, son frère aussi (étant plus vieux, il a
grandi en Algérie) et lui ont tout lâché puisqu’il ne sentait pas
l’appartenance à la religion.
« D’autres
parents, tant des hommes que des femmes, adoptent un rôle plus actif, soit en
donnant des explications sur les pratiques telles que la prière, ou sur divers
aspects de la vie quotidienne, comme les relations hommes-femmes ou encore la
modestie. Ils peuvent aussi faire écouter ou réciter des versets du Coran à
leurs enfants à différents moments de la journée (avant le repas, avant le
coucher, etc.). Ceux-ci sont également encouragés à célébrer les fêtes en
famille et à participer aux cérémonies religieuses, que ce soit à la maison ou
encore à la mosquée. Quelques parents s’y rendent régulièrement accompagnés de
leurs enfants, pour la prière du vendredi (surtout les pères) ou encore lors de
fêtes et cérémonies. » (FORTIN, LEBLANC, LE GAL, 2008, p. 19). Donc
du côté de Nabil, ses parents ont essayé, peut-être par manque d’appartenance
eux-mêmes, ou simplement de la prise de conscience qu’il n’appartient pas à la
même génération. Son entourage majoritairement de personne québécoise de « souche » qui ne suit pas de religion en moyenne. Donc
malgré l’éducation (légère) des parents, depuis l’âge de 15 ans qu’il ne
ressent pas cette foi.
En conclusion, après avoir
rencontré Nabil, j’ai réfléchi aux nécessités de transmettre en tant que parent
pour la durabilité des pensées, de la culture, des valeurs. Sans quoi, il y a
possibilité de perde l’héritage familial et culturel. La présence de la
religion, l’éducation de cette religion et finalement la pratique de celle-ci
sont un héritage. Une histoire datant de plusieurs années qui avec le temps et
les mouvements nomades des civilisations a des risques d’être perdu. Sans quoi
l’entourage peut avoir une très grande influence sur les pratiques, j’ai su
comprendre dans le cas de Nabil.
Bibliographie
FORTIN, Sylvie, LEBLANC Marie Nathalie, et coll. 2008, entre la oumma, l’ethnicité et la
culture : le rapport à l’islam chez les musulmans francophones de Montréal
RAMJI, Rubina 2008, LA CRÉATION D’UN ISLAM
AUTHENTIQUE les musulmans de deuxième génération qui grandissent au Canada
GOLE,
Nilufer et SARTHOU-LAJUS Nathalie, 2016, entretient avec Nilüfer Göle, Propos recueillis par Nathalie
Sarthou-Lajus, « Enquête sur “les musulmans ordinaires” d’Europe »,
Études 2016/1 (janvier), p. 83-94.
TRIKI-YAMANI,
Amina, et MC ANDREW, Marie. 2009, Perceptions du traitement de l’islam, du
monde musulman et des minorités musulmanes par de jeunes musulmans(es) du cégep
au Québec.
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